Pas besoin d’être expert pour aimer le sumo — mais cinq minutes de préparation décuplent le plaisir. Pourquoi la salle explose-t-elle quand un lutteur de milieu de classement bat un ozeki ? Pourquoi lancent-ils du sel ? Que sont ces bannières qui tournent autour du ring ? Voici tout ce qu’un spectateur débutant doit savoir avant le Kyushu Basho.
Les règles de base
Deux lutteurs (rikishi) s’affrontent sur un ring d’argile tassée, le dohyo, à l’intérieur d’un cercle de bottes de paille de 4,55 m de diamètre. Le combat démarre quand les deux posent les poings au sol et chargent en même temps : c’est le tachiai. On perd en sortant du cercle ou si une partie du corps autre que la plante des pieds touche le sol. Pas de reprises, pas de points, pas de catégories de poids : un technicien de 100 kg peut battre un géant de 200 kg. Tirer les cheveux, frapper du poing fermé et donner des coups de pied au-dessus du genou sont interdits.
L’arbitre, le gyoji, en robe de soie, désigne le vainqueur avec son éventail. Cinq juges assis autour du ring peuvent contester sa décision ; ils se concertent alors sur le ring (mono-ii) et peuvent ordonner un nouveau combat.
Divisions et grades
| Division | Qui | Ce que vous voyez dans la salle |
|---|---|---|
| Makuuchi (première division) | 42 lutteurs, dont yokozuna, ozeki, sekiwake, komusubi et maegashira | À partir de 15 h 40 environ, cérémonie d’entrée puis combats |
| Juryo | 28 lutteurs, seconde division salariée | À partir de 14 h 15 environ |
| Makushita | Environ 120 lutteurs, l’antichambre des rangs salariés | Début d’après-midi |
| Sandanme | Environ 180 lutteurs | Fin de matinée |
| Jonidan | La division la plus nombreuse | Matin |
| Jonokuchi | Les débutants | Premiers combats de la journée |
Le classement, le banzuke, est publié environ deux semaines avant chaque tournoi, calligraphié à la main. Seules les deux premières divisions, les sekitori, touchent un salaire et portent une ceinture de soie. Au sommet, yokozuna (grand champion) est un grade à vie : un yokozuna n’est jamais rétrogradé, il prend sa retraite quand les résultats ne suivent plus. Ozeki est le deuxième grade : deux tournois perdants consécutifs et il descend.
Les rituels à observer
- Le sel : avant chaque combat, les lutteurs des divisions supérieures lancent une poignée de sel sur le ring pour le purifier.
- Le shiko : la fameuse jambe levée puis frappée au sol, pour chasser les mauvais esprits et assouplir les muscles.
- Le shikiri : les accroupissements face à face, répétés jusqu’à la limite de temps — la tension que la salle adore.
- Les bannières kensho : les drapeaux de sponsors promenés autour du ring avant les grands combats. Chacun représente une prime pour le vainqueur, remise dans une enveloppe.
- Le dohyo-iri : la cérémonie d’entrée des divisions supérieures, puis celle des yokozuna avec leur corde (tsuna).
Comment gagne-t-on : les techniques les plus fréquentes
La Japan Sumo Association reconnaît 82 techniques de victoire (kimarite). Vous verrez surtout :
- Yorikiri : poussée frontale hors du cercle en tenant la ceinture — la plus courante.
- Oshidashi : poussée frontale sans prise de ceinture.
- Hatakikomi : le lutteur s’efface et plaque au sol l’adversaire qui charge.
- Uwatenage : projection en tenant la ceinture par l’extérieur.
- Tsukiotoshi : poussée de côté qui fait tomber.
La technique gagnante est annoncée en japonais juste après chaque combat et affichée sur les écrans.
Les lutteurs à suivre au Kyushu Basho 2026
Le tournoi de novembre clôt l’année du sumo, et en 2026 plusieurs histoires convergent à Fukuoka :
- Onosato, yokozuna, a gagné en septembre avec 12 victoires et 3 défaites — son sixième titre en première division — après une année difficile marquée par les blessures.
- Hoshoryu, yokozuna, a manqué le tournoi de septembre sur blessure ; son retour est l’une des questions de novembre.
- Aonishiki, ozeki né en Ukraine, a fini à 11–4 en septembre ; un titre à Fukuoka pourrait le propulser yokozuna, une première pour un lutteur né en Europe.
- Fujinokawa, sekiwake, 11–4 pour son premier tournoi à ce grade, est en course pour le grade d’ozeki.
- Kirishima et Kotozakura, ozeki, ont besoin de bons résultats pour rester dans le coup.
Les grades changent à chaque banzuke : consultez la liste officielle publiée le 26 octobre 2026 sur le site de la Japan Sumo Association.
Le savoir-vivre du spectateur
- Applaudissez et criez le nom des lutteurs que vous soutenez : c’est bienvenu.
- Pas de flash ; les règles de photo et de vidéo sont plus strictes au bord du ring.
- Restez assis pendant les combats et déplacez-vous entre deux combats.
- Ne lancez pas votre coussin, même après la défaite d’un yokozuna : c’est interdit.
Plus de conseils pratiques dans notre guide du Fukuoka Kokusai Center.
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Questions fréquentes
Comment gagne-t-on au sumo ?
En faisant sortir l’adversaire du cercle ou en lui faisant toucher le sol avec une partie du corps autre que la plante des pieds.
Combien de temps dure un combat de sumo ?
La plupart des combats durent moins de dix secondes, mais le rituel qui les précède peut prendre jusqu’à quatre minutes en première division.
Qu’est-ce qu’un yokozuna ?
Le grade le plus élevé du sumo, un grand champion. Un yokozuna ne peut pas être rétrogradé ; il doit prendre sa retraite quand il ne gagne plus.
Qu’est-ce que le banzuke ?
Le classement officiel d’un tournoi, publié environ deux semaines avant son début. Pour le Kyushu Basho 2026, il est publié le 26 octobre.
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